Ce que dit le corps

Un geste suffit à indiquer une direction. Un bref regard en dit plus long qu’une grande phrase. On lit parfois que la culture japonaise accorde une plus grande importance à la communication non-verbale1. Cela est sans doute d’autant plus frappant pour celui dont le japonais n’est pas la langue maternelle, et qui n’est pas habitué aux gestes.
 
Donner et recevoir
 
Or, les théories de la signification classiques prennent l’expression verbale pour paradigme, et tiennent le langage du corps pour un cas marginal qui peut être décrit par extension.
Il semble pourtant possible de considérer les choses d’un autre point de vue. A certains égards la communication physique est première vis-à-vis de la communication verbale (non seulement le cri n’est d’abord qu’une manière parmi d’autres de communiquer physiquement au cours du développement du nourrisson, mais dans les interactions sociales concrètes, la manière de se tenir, de se placer, dit déjà beaucoup, avant que le moindre mot soit échangé).
A quelles conditions le corps peut-il être signifiant ? Et qu’est-ce que cela change si nous prenons la communication de corps à corps pour paradigme du fait de signifier ? 
Sous la forme d’un carnet dessiné et écrit, il s’agit d’explorer les puissances expressives du corps, en particulier à travers la pratique des arts martiaux.
 
1 Voir par exemple Augustin Berque, Le sauvage et l’artifice, Paris, Gallimard, 1986, p. 278.
Raphaël
J'ai commencé l'aikido en même temps que mes études de philosophie. Cette pratique physique a accompagné et nourri mon cheminement intellectuel. Je donne maintenant des cours à l'Université Paris 1 et effectue un doctorat sur le partage entre intériorité et extériorité à l'âge classique. Spécialiste en histoire de la philosophie européenne, je suis aussi vivement intéressé par les croisements possibles avec différentes approches orientales de la relation entre le corps et l'esprit, soi et les autres.

Raphaël

J'ai commencé l'aikido en même temps que mes études de philosophie. Cette pratique physique a accompagné et nourri mon cheminement intellectuel. Je donne maintenant des cours à l'Université Paris 1 et effectue un doctorat sur le partage entre intériorité et extériorité à l'âge classique. Spécialiste en histoire de la philosophie européenne, je suis aussi vivement intéressé par les croisements possibles avec différentes approches orientales de la relation entre le corps et l'esprit, soi et les autres.

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