Diplomatie, politesse, comportement.

Quelques règles de politesse et comportements à éviter

La société japonaise est structurée par un contrat social reposant sur l’autolimitation de chaque membre de cette société. Autrement dit, de nombreuses règles « tacites » sont communément respectées à fins de « bien vivre ensemble » – à nuancer bien sûr.  Lorsqu’un étranger transgresse volontairement ou non (méconnaissance, oubli, etc.) ces règles pour en tirer un avantage, il commet une faute de savoir-vivre qui peuvent affecter la vision que les Japonais ont des étrangers, influant donc leur attitude vis-à-vis d’eux. 

 (http://www.urbandictionary.com/define.php?term=Gaijin%20Smash)

Ainsi, essayer de respecter les règles de société japonaises nous ouvrira des portes plutôt que les fermer du fait d’un « gaijin smash » (notez que le terme gaijin qui signifie « étranger » est péjoratif. On lui préfèrera gaikokujin « personne d’un pays extérieur »).

Il est d’autant plus légitime d’essayer de comprendre et d’appliquer ces « règles » dans le cadre de notre approche universitaire. 

Certaines sont d’autant plus inévitables si nous ne voulons pas paraître grossiers dans les dôjo et clubs universitaires.

A défaut de pouvoir toutes les retenir, disons généralement  que tout ce qui n’est pas explicitement permis est proscrit !

 

Présentations

  • Ne pas tendre la main mais s’incliner.
  • Commencer par dire « hajimemashite, yoroshiku onegaishimasu » (prononcer hadjimémashité, yoloshikou onégaïshimasse ) pour dire « Enchanté de vous rencontrer »
  • Je m’appelle Gabrielle (par exemple) : « Gabrielle to mooshimase » (prononcer to mo. Oshimasse)
  • Rester physiquement à une certaine distance pour ne pas envahir l’espace de son interlocuteur.
  • Garder son « shisei » face à son interlocuteur, c’est à dire une posture droite en évitant de trop gesticuler (marque de manque d’attention à l’autre).
  • On ne vous parlera peut-être pas en vous regardant dans les yeux, éviter dans ce cas de regarder votre interlocuteur dans les yeux.
  • Parler sur un ton modéré (éviter de rire fort par exemple).
  • Ne pas se moucher (mieux vaut renifler discrètement)
  • On ne dit pas « san » après son prénom, c’est très présomptueux.
  • Si l’on vous donne quelque chose (ex : carte de visite) ou si vous donnez quelque chose, toujours le faire à deux mains.
  • On ne refuse pas directement. Le « non » japonais (iie) n’est employé que dans de très spécifiques occasions. On utilise plus souvent « daijoubu desu » qui signifie que l’on a besoin de rien d’autre
  • Les cadeaux s’ouvrent souvent hors de la présence de la personne qui offre sauf s’il s’agit de nourriture que l’on désire partager. Si vous n’êtes pas sûr demandez si vous pouvez ouvrir un cadeau maintenant.

 

Dans la rue

  • Vous pouvez circuler en vélo sur le trottoir
  • Ne pas traverser au feu rouge, même s’il n’y a pas de voitures (amendes)
  • Ne pas téléphoner en marchant
  • Ne pas fumer dans la rue (À Tokyo le montant de l’amende est de 2 000 yens (environ 16€).)
  • Ne pas manger dans la rue (le gouvernement a fait ôter les poubelles dans la rue de toute manière 😉 ). Vous trouverez des poubelles dans les combini (convenience store) seulement, et parfois devant les jidô hanbaiki (les distributeurs automatiques de boissons que l’on trouve un peu partout dans la rue).
  • Eviter de s’embrasser en public (même la bise ou l’accolade).

 

Dans les transports

  • Ne pas prendre de photos (sauf très discrètes)
  • Dans le métro ou le bus, ne pas parler ou rire
  • Ne pas téléphoner
  • Il est interdit de manger ou de boire autre chose que de l’eau (discrètement) dans les transports en commun, sauf si quelque chose est prévu pour (ex : le Shinkansen exclusivement, c’est-à-dire le TGV. On peut acheter des bento dans les gares nommés « eki ben »).
  • N’utiliser qu’un seul siège pour s’asseoir dans le wagon ou le bus. Si l’on est chargé, ne pas mettre son sac sur un siège libre, mais sur ses genoux ou au-dessus de sa tête sur les compartiments réservés aux effets personnels.
  • S’il y a du monde, mettre son sac à dos à terre ou dans les porte-bagages. Ne pas le garder sur le dos.
  • Sur un escalator se serrer du côté gauche pour laisser passer les gens du côté droit (à Osaka c’est le contraire).
  • On attend le bus, le train ou le métro en file indienne, on ne se bouscule pas et on laisse sortir les gens avant de rentrer. Les bousculades sont tout de même fréquentes devant les trains/métros lors des rushs.
  • Couper la sonnerie de son téléphone dans le train.
  • Respecter les interdictions dans certains wagons comme le téléphone sur off ou l’interdiction aux hommes à certaines heures.

 

Au restaurant

  • Ne JAMAIS verser une sauce sur le riz blanc (insulte au cuisinier !)
  • Dès que le verre de l’autre est moitié vide, le remplir. On ne se sert pas soi-même (sauf de l’eau) et on fait en sorte que le voisin ait toujours à boire.
  • Il est permis de fumer dans les zones fumeurs réservées à cela (« je ne fume pas » : « sutte imasen » prononcer soute-té imassène).
  • Si l’on vous parle et que vous mangez, mettez la main devant la bouche pour répondre, afin que l’interlocuteur ne bénéficie pas du spectacle du contenu machouillé de votre bouche 😉
  • Si vous commandez des nouilles, il faut les manger bruyamment en les aspirant d’un coup avec les baguettes. Ne surtout pas mordre dedans et les couper !
  • Il faut toujours finir son assiette, par respect pour ceux qui vous l’ont préparé et pour les êtres vivants que l’on a tué pour vous nourrir. Seuls échappent à cette règle le riz blanc et la soupe miso servis en fin de repas et qui servent à calmer la faim.
  • Tendez les billets avec les deux mains et prenez la monnaie de même, chaque fois que vous payez.
  • Ne JAMAIS laisser de pourboire (ce serait accuser le restaurateur de malhonnêteté, comme d’un coût caché).
  • Avant de commencer à manger, on doit dire « itadakimasu » (si possible avec les mains jointes et sans avoir les baguettes tenues horizontalement entres les pouces et les index). Cette expression ne signifie pas « bon appétit » mais plutôt « merci pour la nourriture que je reçois », on le dit pour soi et non à une autre personne.
  • Avant de boire on trinque souvent en disant « kampai » (évitez « chin chin » qui désigne le sexe masculin).
  • Tenir son bol de riz dans la paume de la main gauche et le porter près de sa bouche avant d’y prendre le contenu avec ses baguettes (le contraire pour les gauchers).

Les baguettes

Parmi les très nombreuses règles concernant l’usage des baguettes on notera les suivantes :

  • Eviter de se servir dans les plats principaux avec ses propres baguettes si d’autres baguettes sont prévues à cet effet.
  • Ne pas pointer quelque chose ou quelqu’un avec ses baguettes.
  • Ne pas planter ses baguettes verticalement dans la nourriture, surtout dans le riz (c’est la façon de présenter le riz devant l’autel d’une personne décédée).
  • Ne pas non plus pendre les aliments en piquant une baguette dedans.
  • Ne pas se passer de nourriture d’une paire de baguettes à une autre (après une crémation les proches du défunt se passent les restes d’ossements de cette manière).
  • Ne pas lécher ses baguettes.
  • Ne pas pousser ou rapprocher un plat avec ses baguettes.
  • Ne pas chercher quelque chose dans le plat en bougeant les autres aliments.
  • Ne pas prendre quelque chose du côté opposé du plat mais ce qu’il y a devant soi.
  • Ne pas poser ses baguettes sur le bord de son assiette ou de son bol mais sur le repose-baguettes ou sur la table.
  • Ne pas choisir les meilleurs morceaux seulement ou hésiter en choisissant un morceau ce qui laisse penser que vous choisissez le meilleur.
  • Ne pas croiser ses baguettes ni les serrer dans son poing.
  • Ne pas faire tomber de sauce ou d’aliments de ses baguettes.
  • Ne pas mélanger les aliments avec ses baguettes.
  • Ne pas tenir ses baguettes à la main alors que l’on boit.
  • Il existe encore d’autres règles du même type. Ce qu’il faut surtout éviter est de planter les baguettes dans son riz et de s’échanger quelque chose de baguettes à baguettes ce qui peut vraiment choquer les personnes alentour.
  • On finit le repas avec l’expression « gochisou sama deshita » (c’était bon et copieux).

Chez quelqu’un

  • Toujours se déchausser avant d’entrer.
  • En entrant chez quelqu’un, dire « O jama shimasu » (prononcer o djama shimasse, littéralement « Je vous dérange »)
  • Porter des chaussettes blanches et non trouées, même si vous avez des sandales
  • Au moment d’entrer chez la personne, dire « Ojama shimasu » (prononcer odjama shimasse) pour dire « Excusez-moi si je m’impose à vous ».
  • Si des chaussures d’intérieur sont à disposition les utiliser.
  • On prend sa douche et on se lave avant d’entrer dans le bain qui est un bain commun, tous les habitants de la maison utilisent la même eau.
  • On utilise pas de savon ou de shampoing dans le bain, la baignoire sert à se détendre et il faut que l’eau reste claire pour les personnes suivantes.
  • Il faut aussi que l’eau reste chaude, ne pas verser d’eau froide et refermer le dessus de la baignoire après utilisation.
  • Bien sûr ne pas vider l’eau du bain qui servira aux personnes suivantes et parfois comme eau pour la machine à laver en fin de journée ou le matin suivant.

 

 

Dans un dôjo (tous les points sont essentiels ici )

  • Arriver moins de 30 minutes avant le début de l’entraînement quand on n’a pas d’emploi, c’est être en retard.
  • En cas de retard ou d’erreur, ne jamais se justifier : s’excuser platement : Gomen nasai (et plusieurs fois). Ce n’est pas seulement dans le cadre du dôjo ceci-dit.
  • Prendre le minimum d’espace pour se changer dans le vestiaire.
  • Les femmes doivent porter un tee shirt blanc sous la tenue.
  • Si vous êtes le premier dans le vestiaire, allumez la lumière et la climatisation. Si vous sortez en dernier, éteignez la lumière et la climatisation.
  • Pas de chaussures dans le bâtiment.
  • En entrant sur le tatami, s’agenouiller et saluer d’abord le shomen (c’est-à-dire l’endroit ou se situe le dieu ou le kamiza, qui est le chef du courant d’aikidô pratiqué), puis le professeur ou la salle si le professeur n’est pas là.
  • Si c’est le matin, dire « Ohayo gozaimasu » pour dire bonjour.
  • Le salut commun varie en fonction des dôjo : observez-bien comme ils feront ! Lorsque l’on frappe dans les mains, elles doivent être jointes comme pour une prière : ce n’est pas un applaudissement.
  • Pratiquer plutôt silencieusement avec le premier qui se présente.
  • On ne se salue pas toutes les 4 techniques.
  • Se relever en même temps que la personne que l’on a saluée, sans le quitter des yeux
  • A la fin de la pratique, dans certains dôjo ont salue tous ceux avec qui l’on a pratiqué, dans d’autres le dernier partenaire seulement, mais c’est plus rare.
  • On ne peut PAS partir au milieu de l’entraînement mais on peut s’arrêter si on a trop soif (demander au professeur « sumimasen, nonde mo ii desuka ? » « Excusez-moi, si je bois, est-ce que c’est bon ? » Prononcer : soumimassène, nonnedé mo, i i dèska » ?) ou si on est épuisé : sumimasen, shosho yasunde mo, ii desuka ? « Excusez-moi, si je me repose un peu, est-ce que c’est bon ? »).
  • On nettoie tous ensemble le tatami et il faut de suite se porter volontaire (sôji suru : faire le ménage.) soit pour passer le balai soit pour le chiffon (zokin).
  • APRES seulement on peut enlever les hakama s’il n’y a pas de cours à la suite, et essayer de les replier promptement.
  • Il faut dire « otsukaresama desu » (prononcer otsoukalessama dèsse) à chaque pratiquant qui a participé au cours : cela signifie « on a bien travaillé tous ensemble ! ». ATTENTION : cela ne se dit pas au professeur !

 

 

 

Gabrielle Laumonier
Je termine actuellement un Master 1 d’Etudes japonaises à l’Inalco mais c’est lors de précédentes études juridiques à Paris 1 que j’ai découvert l’aikidô universitaire, qui m’a amené à étudier la langue et la culture japonaises de manière approfondie.

Gabrielle Laumonier

Je termine actuellement un Master 1 d’Etudes japonaises à l’Inalco mais c’est lors de précédentes études juridiques à Paris 1 que j’ai découvert l’aikidô universitaire, qui m’a amené à étudier la langue et la culture japonaises de manière approfondie.

Laisser un commentaire